Donner la vie -Chapitre 2-

J’avais pris mes repères dans la chambre. Je n’avais qu’une hâte: que les choses sérieuses commencent. J’étais très sereine, et l’accouchement ne me faisait pas peur. Ma plus grande hantise concernait la santé de mon petit Chaton et mon pire scénario était d’avoir une césarienne. Le reste ne me posait pas vraiment de problème. Je ne redoutais pas vraiment la douleur, j’avais décidé de me faire confiance et d’avoir confiance en mon corps.

Les heures défilèrent et toujours rien à l’horizon. Arriva l’heure du repas, la sage femme de garde décida de me faire un monitoring. Au bout de 30 minutes, elle revint et s’étonna en lisant les résultats « Mais vous avez plein de contractions à intervalles réguliers, vous n’avez pas mal? » . Je la regarda plutôt surprise : « Euh non, je ne sens rien pour le moment ». Je me suis sentis un peu comme WonderWoman. Est-ce que c’était le début du travail? Je l’espérais de tout coeur.

Pendant tout ce temps, Chéri était resté patiemment à mes côtés. Au alentour de 20h, je lui demanda de rentrer à la maison pour manger et se reposer. Je ne voulais pas qu’il dorme sur une chaise toute la nuit et qu’il soit complètement naze le lendemain. Je le voulais dans une forme olympique pour l’instant T. Il partit à la maison. Nous nous étions mis d’accord: il garderait son téléphone allumé près de lui et je l’appellerais si quoique ce soit arriva.

Je passa ma soirée à regarder la télévision tranquillement, c’était les rediffusions de Baby Boom. Cette émission dont je n’avais jamais ratée un seul épisode. J’avais tellement fantasmé ce moment depuis des années, que j’avais du mal à réaliser que c’était mon tour.

Vers minuit, la sage femme vint me mettre la perfusion d’antibiotiques comme convenu. Une fois la poche d’antibiotiques terminée, je décida de dormir un peu. Peut-être que le lendemain serait le grand jour, il fallait que moi aussi je sois en forme.

Au bout d’un petit quart d’heure, je réalisa que je n’arriverais pas à dormir pour une simple raison: les contractions étaient là! Je savais que j’avais du temps devant moi, c’était un premier bébé et les intervalles entre les contractions étaient réguliers mais pas assez rapprochés pour prétendre à un vrai travail. Je resta dans ma chambre à marcher un peu, me détendre et gérer les contractions. Une heure après, je décida d’appeler la sage femme (c’était un homme de garde, cette nuit-là) pour l’informer que je commençais à avoir des contractions. Il m’apporta un ballon pour que je puisse faire quelques exercices.  J’avais l’envie de rester active pendant le travail. L’heure suivante (il était déjà presque 4h du matin), la douleur s’était intensifiée d’un cran peut-être même de deux! Je rappela  la sage femme pour qu’il puisse m’examiner. La salle d’accouchement était accessible à partir d’une dilatation de 3cm. Il arriva et son comportement ne me plut vraiment pas. Il me dit indirectement que je devais encore attendre pour être à 3cm et que la douleur que je ressentais n’étais pas si grande. Je l’avais très mal pris mais je me suis pas laissée faire et j’insista pour avoir un examen.  Et là, surprise : « Madame, vous êtes à 3cm, je vais prévenir la salle d’accouchement de votre arrivée ». Je connaissais mon corps et savait distinguer si cela été douloureux ou non. J’étais à deux doigts de lui dire le fond de ma pensée. C’était le bon moment pour appeler Chéri et lui demander de revenir à la maternité.

Je partis donc jusqu’à la salle d’accouchement où l’équipe de nuit prit le relais. J’avais beaucoup de chance car cette nuit là c’était extrêmement calme : j‘étais la seule à accoucher! J’avais toute l’équipe aux petits soins pour moi. J’arriva dans la fameuse salle où tout allait se passer. Et pour ma plus grande joie : un bain m’avait été coulé, la lumière était tamisée, il y avait un fond musical très relaxant et un diffuseur d’odeur. Je me serais crue dans un spa.

En attendant Chéri, la sage femme me proposa de commencer par le bain. L’eau était très chaude et elle m’expliqua que le bain avait pour vertu d’aider à la dilatation. J’étais dans le bain, quand Chéri arriva enfin. Les contractions étaient très douloureuses et très rapprochées. J’étais très heureuse qu’il soit près de moi mais je n’étais plus vraiment capable de tenir une conversation. J’étais très concentrée sur la gestion de la douleur. Je resta une bonne heure dans l’eau. Puis, la sage femme m’examina, j’étais à 6 cm! Whouahh, le bain avait été bénéfique.

Vers 7h du matin, la douleur devint tellement intense et rapprochée que j’en avais la nausée à chaque nouvelle contraction. Je sentis qu’il était temps pour moi de demander la péridurale. J’avais besoin de me reposer un peu avant le grand moment. C’est ainsi que très rapidement l’anesthésiste arriva pour me la poser. Ce fut rapide et indolore. J’avais choisi une péridurale très légère, je voulais absolument sentir mon bébé passer pour l’accouchement. J’avais une pompe et j’étais libre d’appuyer quand je le souhaitais pour avoir une dose de produit. Quelques minutes après, elle commença a faire effet. Quel soulagement de pouvoir se détendre un peu. Je sentais toujours mes contractions mais elles n’étaient plus douloureuses. Un vrai bonheur. J’en profita pour m’assouplir quelques minutes. Juste avant que le soleil ne se leva, mon obstétricien qui m’avait suivi tout au long de ma grossesse passa nous saluer. Il nous confirma que cela serait bien lui pour l’accouchement. Cette nouvelle me soulagea.  Pour moi, il était important que cela soit lui le jour J car  c’était lui, vingt-six ans auparavant qui m’avait mise au monde. J’ai eu beaucoup de chance car la veille, qui était un jour férié, il ne travaillait pas et n’était pas de garde.

Le travail suivit son cours: je suis soulagée par la péridurale. Avec Chéri, nous avons pu profiter de ces dernières heures à deux dans la tendresse et la légèreté.

Puis, la sage femme nous annonça que j’étais à dilatation complète, il était 10h du matin.  Avec Chéri, nous échangeâmes un regard complice : Ca y est on y est!

Mais comment l’accouchement allait-il se dérouler? 

A très vite

xoxo Marie xoxo

fb_img_1486225028021-01

Une réflexion sur “Donner la vie -Chapitre 2-

  1. Amandine plume2vie dit :

    Génial pour le bain, quelle belle expérience (j’étais persuadée que seul les accouchements naturel pouvaient avoir ou demander le bain)… c’est génial ce que tu as fait et la manière dont tu as su gérer la douleur. bravo

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s