Donner la vie -Chapitre 3-

Après ces neuf mois d’attente, et ces quelques heures intenses de travail, nous y étions! Mon col était enfin à dix centimètres. A ma grande surprise, ce n’était pas encore tout à fait l’heure de pousser. La sage femme nous expliqua que le bassin d’une femme est composé de plusieurs niveaux. Mon petit Chaton n’était pas encore assez descendu dans mon bassin pour pousser. Pour l’aider un peu, la sage femme me mit sur le côté droit une bonne vingtaine de minutes puis je fis la même chose sur le côté gauche. Elle revint et était ravie de constater que petit Chaton était bien descendu.

Arriva le moment que je redoutais le plus : la poussée. Elle m’expliqua brièvement mais très clairement qu’on « me laissait » trente minutes pour que je sortes mon bébé toute seule. Au-delà de ce temps, le médecin pourrait intervenir pour m’aider avec des instruments type ventouse. Elle me proposa de pousser une première fois en attendant que mon obstétricien arrive pour voir si je poussais correctement. Je ne lui cacha pas mes appréhensions mais elle sut trouver les mots pour me rassurer. La péridurale était toujours présente mais très légère ce qui me permit d’identifier chaque contraction et de les localiser. Je poussa une première fois et la sage femme me dit que c’était exactement comme cela qu’il fallait faire. Ces quelques mots me motiva et me donna vraiment confiance en moi pour mettre mon fils au monde. Désormais, il fallait attendre le médecin pour l’accouchement. Heureusement, il arriva au bout de quelques minutes seulement. Dans la salle, il y avait autour de moi l’obstétricien, sa stagiaire sage-femme, la sage femme, l’auxiliaire de puériculture, une étudiante auxiliaire de puériculture et Chéri bien évidemment. Mine de rien, cela faisait un peu beaucoup d’yeux braqués sur moi. Je fis abstraction de tout cela pour me concentrer sur l’essentiel : sortir mon bébé.

Le médecin me dit de pousser dès que je sentais une contraction. Au bout de quelques secondes, elle était là. Je retins ma respiration et je me mis à pousser de toutes mes forces. Au loin, j’entendais le médecin, la sage femme et Chéri qui m’encourageaient et me disaient de continuer à pousser et de ne pas lâcher ma respiration. Je n’avais pas la notion du temps, mais je n’avais jamais retenu ma respiration aussi longtemps. Je repris mon souffle quelques secondes et une autre contraction arriva. Je refit la même opération , le médecin me dit qu’il voyait la tête de mon fils; qu’il était là; que j’y étais presque. Cela me motiva à redoubler d’efforts sur la troisième poussée. C’est ainsi que sa tête sortit et que le médecin me dis d’arrêter de pousser. Une fois ses épaules dehors, le médecin me demanda d’attraper mon fils et de finir de le sortir moi-même. J’étais impressionnée, je ne m’en sentais pas capable. J’avais tellement peur de mal l’attraper ou de lui faire mal. Mais il insista et je fit ce qu’il me demanda. J’attrapa mon fils, le sortis  et je le posa moi-même contre ma poitrine. Il venait de sortir de mon ventre et il était tout chaud.  Je ne remercierai jamais assez mon médecin d’avoir insisté, il m’a permis d’être active jusqu’au bout de mon accouchement. J’avais eu à peine quelques secondes pour apercevoir son visage. Il poussa son premier cri. Je réalisa qu’il était bien là, j’échangea un regard avec Chéri, j’étais bouleversée et les larmes se mirent à couler le long de mes joues… des larmes de joie et de bonheur intense. Je venais de vivre le plus beau moment de toute ma vie et je venais de faire la plus belle des rencontres. Il était sorti comme un prince, tout beau, tout propre. Chéri coupa le cordon, et toute l’équipe nous félicita.

Au bout de quelques minutes la sage-femme me dit que j’avais poussé seulement cinq minutes et le médecin rajouta en faisant un clin d’oeil à Chéri  : « cela ne doit pas être son premier! ». Nous avons souri.

Pour tout ce qui concerne le côté moins glamour de l’accouchement : j’avais échappé à l’épisiotomie et la délivrance c’était parfaitement bien passée.

L’auxiliaire prit mon fils quelques minutes pour lui faire les premiers examens et le peser. Il allait très bien.

La sage femme me proposa de mettre petit Chaton au sein. Ce fut très difficile car il râlait beaucoup. Elle m’expliqua que l’accouchement avait été trop rapide pour lui et qu’il n’avait pas eu le temps d’évacuer toutes les glaires.

Le peau à peau en salle d’accouchement dura bien trois heures. Nous étions tous les trois, et nous nous découvrions. Je pris le temps de regarder mon fils, de l’admirer. Il était parfait. Je n’avais pas réussi pendant ma grossesse à imaginer un visage pour mon bébé mais quand je le découvris, c’était évident qu’il n’aura pas pu ressembler à autre chose.

Il était temps de regagner notre chambre. La plus belle des aventures venait de commencer et j’avais obtenu le plus beau des rôles.

Biensûr, j’étais fatiguée mais j’étais si fière de moi… j’avais mis mon fils au monde… j’avais réalisé un véritable miracle, notre miracle à Chéri et moi. Je suis devenue Maman et lui Papa.

A très vite

xoxo Marie xoxo

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Une réflexion sur “Donner la vie -Chapitre 3-

  1. Amandine plume2vie dit :

    ton miracle est tellement beau…
    j’ai apprit pour mon deuxième fils pour l’histoire du bassin qu’il y avait plusieurs palliés, je ne savais pas. bravo en tout cas tu as eut un beau suivi et un bel accouchement. bisous Marie

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